
Un arbre est vivant,
J’aime l’étreindre,
Il me donne des frissons
J’aime la fragrance de ses humeurs.
Mon arbre est un mélèze
Il trône sur la neige l’hiver
Et dans les lauriers de St Antoine l’été.
Quand je m’approche de lui il m’enlace.
Mon arbre se laisse caresser.
Son écorce est râpeuse. Douceur rêche.
De ses effluves mon corps est enveloppé.
Ses aiguilles vert pâle dans le froid de l’hiver.
J’aime l’automne ; ma toison d’un roux léger
Sert de miroir à ses aiguilles.
Les oiseaux trouvent à se nicher
Les choucas survolent sa frondaison.
J’entends à travers sa peau
Battre son cœur ; sa ramure
Tremble à ma vue, vibre doucement.
Il tente de me dire des histoires.
Le torrent tout proche
Chante et chante à nouveau.
Une quarte puis une tierce,
Une quinte myxolydienne.
Son propos est ternaire,
Il swingue comme pas deux,
Pas de deux ; dommage ses racines
L’empêchent de danser.
Mon, collée au tronc
Entend le blues qu’il psalmodie
Ou plutôt qu’il voudrait hurler.
Ses racines l’encombrent pour bouger.